Messe du 03/04/22 - 5ème Dimanche du Carême C - La femme adultère

MESSE DU 5E DIMANCHE DU CARÊME


La parabole de la femme adultère


"VA, ET DÉSORMAIS NE PÈCHE PLUS" tiré du Missel des Dimanches

Après le fils prodigue, une femme adultère ! D’un dimanche à l’autre, la liturgie présenterait-elle des anti-modèles ? Pas vraiment, car ne n’est pas le péché, quel qu’il soit, qui fait l’objet de ce récit, mais l’attitude du Fils de Dieu envers le pécheur. Dans le premier cas, le pécheur se repent.
Dans le second cas, le texte ne précise même pas que la femme se repente. Simplement, quoique audacieusement, le Christ la renvoie en l’invitant à se repentir, à ne plus pécher. Cette audace a probablement étonné certains copistes. C’est peut-être cet étonnement qui explique que ce récit ne figure pas dans nombre de manuscrit anciens de l’évangile de Jean.
Ce n’est pas que Jésus approuve l’adultère. En d’autres endroits, il le réprouve, sans ambiguité. Il reprend le commandement divin : "Tu ne commettras pas d’adultère" (Lc 18, 20). Mais ici, il estime pouvoir donner à cette femme une nouvelle chance. "Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ?" déclare le Seigneur, selon Isaïe (première lecture). La manière dont Jésus agit est une nouveauté radicale. Mais elle n’est pas naïveté. Dans celle qui avait commis une faute, il a probablement perçu un germe de conversion. Lui sait ce qu’il y a dans l’être humain. En tout cas, il décide de lui faire confiance pour l’avenir. Il libère cette femme de la passion qui la rend captive (psaume) et, pour paraphraser Saint Paul, oubliant ce qui est en arrière, il la lance vers l’avant et l’invite explicitement - "ne pèche plus" - à courrir vers le but en vue du prix auquel Dieu l’appelle là-haut dans le Christ Jésus (deuxième lecture).


1ÈRE LECTURE - LECTURE DU LIVRE DU PROPHÈTE ISAÏE 43, 16-21

Voici que je fais une chose nouvelle, je vais désaltérer mon peuple"
Ainsi parle le Seigneur, lui qui fit un chemin dans la mer, un sentier dans les eaux puissantes, lui qui mit en campagne des chars et des chevaux, des troupes et de puissants guerriers ; les voilà tous couchés pour ne plus se relever, ils se sont éteints, consumés comme une mèche. Le Seigneur dit : "Ne faites plus mémoire des évènements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez vous pas ? Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les les lieux arides. Les bêtes sauvages me rendront gloire - Les chacals et les autruches - parce que j’aurai fait couler de l’eau dans le désert, des fleuves dans les lieux arides, pour désaltérer mon peuple, celui que j’ai choisi. Ce peuple que je me suis façonné redira ma louange."


PSAUME 125 (126)

R/. Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations :
"Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur !"
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie.

Il s’en va, il s’en va en pleurant,
il jette la semence ;
il s’en vient, il s’en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes


2ÈME LECTURE : LECTURE DE LA LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX PHILIPPIENS 3, 8-14

À cause du Christ, j’ai tout perdu, en devenant semblable à lui dans sa mort"

Frères, tous les avantages que j’avais autrefois, je les considère comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j’ait tout perdu ; je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ, et, en lui, d’être reconnu juste, non pas de la justice venant de la loi de Moïse mais de celle qui vient de la foi au Christ, la justice venant de Dieu, qui est fondée sur la foi. Il s’agit pour moi de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier dans sa mort, avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts. Certes, je n’ai pas encore obtenu cela, je n’ai pas encore atteint la perfection, mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, puisque j’ai moi-même été saisi parle Christ Jésus. Frères, quand à moi, je ne pense pas avoir déjà saisi cela.
Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus.

Gloire à toi, Seigneur. Gloire à toi. Maintenant, dit le Seigneur, revenez à moi de tout votre cœur, car je suis tendre et miséricordieux. Gloire à toi, Seigneur. Gloire à toi.


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ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN 8, 1-11

En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : "Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ?" Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : "Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre." Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : "Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ?" Elle répondit : "Personne, Seigneur." Et Jésus lui dit : "Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus."